Infimier [ère]
Ce mot, attesté sous la forme enfermier vers 1290, s’appliquait alors, le plus souvent, aux religieux d’ordres mendiants ayant en garde les enfermes (malades "enfermés"). Il fut refait, en 1398, sur infirme (du latin infirmus, "faible") et n’a pas bougé depuis, bien qu’il désigne aujourd’hui nos quelques 400 000 technicien(ne)s de soins (83% de femmes). Une profession structurée essentiellement pour agir "au lit du malade" (ou du blessé) sous l’autorité prescriptive de médecins, en milieu hospitalier (public ou privé), puis en exercice libéral (14%).
Ce sont les progrès de la médecine et la sécularisation des anciens hôtels-Dieu qui ont conduit - au-delà de l’activité charitable et de l’aide empirique au corps médical, ancrées dans la nuit des temps- vers une profession définie. Année phare: 1922, avec la création du diplôme d’Etat, obtenu aujourd’hui au terme de trois ans d’études post-bac dans un institut de formation en soins infirmiers, et ouvrant sur de possibles spécialisations: infirmièr(ière) anesthésiste, infirmier(ière) de bloc opératoire, puéricultrice, etc. Déjà se profile chez nous, à l’instar par exemple du Canada, la qualification d’infirmier(ière) clinicien(ne).
Et puis, voici nos 5200 infirmiers(ières) sapeurs-pompiers, qui, nul n’en doute désormais, jettent les bases opérationnelles d’un secours à victimes valorisé par des protocoles médicaux enfin admis et soutenus par la crème des médecins urgentistes. Belle profession, auréolée de l’estime du public.
Par Bernard LAYGUES pour le journal "Le sapeur pompier magazine" N°1031 du mois de février 2011
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