Colonel(le)
Que dire ici des noms de grades chez les pompiers français (civils comme militaires de la BSPP), dus aux armées de terre?...A tout seigneur tout honneur, commençons par colonel. Chez nous (civils), pas encore de général !
Toujours étonnante pour les linguistes, cette identification sémantique à l'entité militaire de la part de nos formations tout à fait civiles. Il faut dire que l'appartenance majoritaire des pompiers communaux à la Garde nationale, au XIXème siècle, n'y fut pas pour rien. Et pourtant, on sait combien, plus d'une fois, notre Fédération a vivement réagi à des velleités de militarisation aux dimensions du pays.
Ce colonel, donc, nous est venu, vers 1540, de l'italien colonnello, chef d'une colonna ("colonne d'armée"), pour s'appliquer à l'officier supérieur commandant un régiment. Le mot devint adjectif, comme dans "la compagnie colonelle", la première d'un régiment d'infanterie, que l'on finit par appeler "la colonelle". Dans les Mémoires de La Rochefoucauld: "La porte Saint-Antoine était gardée par une colonelle de bourgeois."
Naguère, quand la colonelle désignait une damme, il s'agissait de l'épouse du colonel (Madame la Colonelle...). L'accession des femmes aux professions et titres autrefois spécifiquement masculins ne permet plus ce genre de civilités. Sauf à sombrer dans le ridicule. Et, en bon français moderne, on pourra dire, à l'adresse d'une officière du rang le plus élevé: "Ma colonelle..."
Abréviation ironique de colonel, qui date de 1890: colon. ("Eh ben, mon colon !").
Par Bernard LAYGUES pour le journal Sapeurs Pompiers de France N° 1038 d'Octobre 2011
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