Altruisme
Ah! voilà un mot qui fait bien dans les écrits et les discours exaltant la profession de sapeur-pompier, tout comme l'engagement volontaire. Oui, mais, entre son emploi (avec conviction) et l'attitude concrète que l'on est en droit d'attendre de ceux (celles) qui ont fait le choix de "protéger les personnes et les biens", tout écart se révélerait comme un désaveu. Il s'agirait, en l'occurence, d'une trahison de l'image instillée par nos services de communication dans le public. De quoi ébranler la confiance des citoyens à qui l'on aurait fait "prendre des vessies pour des lanternes". De quoi effilocher le lien social fondé sur un idéal revendiqué.
Alors, pourquoi altruisme, terme créé, en 1830, par Auguste Comte, penseur positiviste et l'un des fondateurs de la scientologie?. Parce que, sans doute, on ne peut trouver mieux pour dire -banal exemple- le regard et la main tendue d'un sauveur vers une victime plongée dans la douleur et l'angoisse. Nous voilà loin, ici, d'une gentille morale bien-pensante. C'est d'intelligence et de vertu (au sens initial de "force") qu'il s'agit.
Dans altruisme, il y a autrui (du latin alter, "autre"). Donc, se vouloir altruiste, c'est sans doute cultiver le goût des autres. Autrement dit, savoir se mettre à la place des autres. Qui dira que ce n'est pas fondamental en intervention?...Si un sapeur-pompier avait perdu le goût d'autrui, surtout pour le plus faible, au moins devrait-il ne pas rompre avec le goût de lui-même, qui n'est, en fait, qu'un autre.
Par Bernard LAYGUES pour le journal "Sapeurs Pompiers de France" de juillet-août 2011, N° 1036
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